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TITRE 2 L'ENTREPRISE MEUBLES TRICOIRE Nous étudierons les faits qui ont amené l'entreprise à la défaillance, puis nous ferons une analyse financière à partir des bilans et des comptes de résultat entre 1990 et 1995 , enfin, nous ferons une synthèse de ce cas.
CHAPITRE 1 PRESENTATION DES FAITS La SA meubles Tricoire a été créée le 6 décembre 1974 par Joël Tricoire. La principale activité de la société est la fabrication de meubles rustiques et style (haut de gamme). Son marché est national. L'entreprise était cotée sur le second marché jusqu'au 23 avril 1999. Elle a ensuite été radiée Evolution du capital social
Nous étudierons dans ce chapitre les dépôts de bilan de cette société.
SECTION 1 - 1993, LE PREMIER DEPOT DE BILAN En 1993, l'entreprise est mise en redressement judiciaire par le tribunal de Niort. L'entreprise est reprise par Michel Sabo et Patrick Gruman qui détiennent respectivement 15 et 27 % du capital social. La majorité des actions est détenue par le public. Le plan de redressement prévoit un remboursement de 100 % du passif de 25 millions de francs en 9 annuités progressives à partir du 31 janvier 1995. Début 95, l'entreprise décide d'augmenter son capital social de 5,88 millions de francs par l'émission de 235 000 actions nouvelles au prix unitaire de 25 francs (nominal 20F). La COB formule néanmoins un avertissement. En effet, selon la COB, "cette émission s'intègre dans un plan de recapitalisation ayant pour but d'apurer les pertes constatées au 31 décembre 1993 ; elle ne suffira pas à reconstituer les capitaux propres à concurrence d'une valeur au moins égale à la moitié du capital social " comme l'exige la loi sur les sociétés. En 1994, malgré la morosité persistante du marché du meuble, la société a vu son carnet de commandes se gonfler progressivement. En 1995, le groupe Bouygues lui a confié la réalisation d'un ensemble de mobilier pour le palais présidentiel d'Alma-Ata (capitale du Kazakhstan), soit une commande atteignant environ un montant de 2,5 millions de francs. Tout ceci était encourageant. La défaillance était surtout due à une chute de la consommation.
SECTION 2 - 1995, LA SECONDE DEFAILLANCE En novembre 1995, la société dépose à nouveau son bilan. Elle est encore victime de la chute de consommation et elle est incapable de faire face à ses dettes. Entre temps, la société avait fermé son usine de Saint Maixent et délocalisé toute l'activité sur l'Absie, en licenciant 46 salariés sur un total de 112. La seconde cessation des paiements a été déposé au tribunal de grande instante de Bressuire (Deux Sèvres), statuant commercialement qui avait prononcé la redressement judiciaire de la société et ouvert une procédure d'observation d'une durée initiale de 3 mois, expirant le 5 février. Ce sursis a été ensuite prolongé jusqu'au 10 juin. En février 1996, la société est mise en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Niort, avec l'autorisation de poursuivre leur activité pendant 2 mois. La liquidation judiciaire a été demandée par un créancier qui estimait que le second dépôt de bilan contrevenait aux prescription du plan de continuation de 1994. Or, il convenait de savoir quel était le tribunal compétent pour suivre les procédures en cours du groupe. Ce différent entre les 2 tribunaux est alors examiné par la coure d'appel de Poitiers. Dans l'attente de la décision de justice, la cotation du titre est suspendue le 15 mars 1996. Le 2 avril, la cour d'appel annule la décision du tribunal de Niort et place la société en redressement judiciaire pour une période de 6 mois. En septembre 1996, la société demande une prolongation du redressement judiciaire pour une durée de six mois. Cette prolongation permet à la société d'assurer les derniers mois de l'année, où traditionnellement la période est plus active, mais surtout elle permet à la société participer au Salon du meuble. Ce dernier est un grand rendez-vous professionnel qui permet de faire connaître l'entreprise et donc de conclure de nouveaux contrats. Cette prolongation permet aussi à des repreneurs de se manifester. Le 23 avril 1997, le tribunal de commerce de Niort choisit la société SA Chamaleau du groupe grange, fabricant de meubles à Prin Deyrançon, pour reprendre les actifs dépendant du redressement judiciaire régime général de la société Meubles Tricoire.
CHAPITRE 2 ANALYSE DU BILAN ET DU COMPTE DE RESULTAT Nous allons analyser l'équilibre financier puis faire une analyse par les ratios. SECTION 1 - ANALYSE DE L'EQUILIBRE FINANCIER Nous nous baserons sur l'analyse statique. 1-1- Evolution du FR, BFR, TN
Entre 1990 et 1995, le BFR est entièrement financé par des ressources permanentes dont l'importance permet de dégager des disponibilités. L'équilibre financier et correct. 1-2- Analyse liquidité Nous analyserons le ratio de solvabilité et les autres ratios.
En 95, le minimum du ratio de solvabilité n'est pas respecté (< 20 %). La liquidité générale est excellente (>1) ainsi que la liquidité réduite (> 0,7). L'équilibre financier minimum est respecté (toujours positif). Les dettes à moyen et long terme sont toujours supérieur aux capitaux propres. Entre 1993 et 1995, les capitaux propres sont négatifs : ils sont consommés par les pertes. Il conviendrait d'augmenter les capitaux mais surtout le résultat net. 1-3-analyse fonctionnelle nous allons analyser les ratios de rotation.
Le délai de stockage rallonge entre 1994 et 1995. En 92,93,et 95, le délai client est inférieur à celui du délai fournisseur. Ceci aurait pu entraîner des problèmes de trésorerie mais ce n'est pas le cas. Ces 3 composantes peuvent expliquer l'augmentation de la couverture du chiffre d'affaires par le BFR entre 93 et 95. SECTION 2 - ANALYSE PAR LES RATIOS 2-1 - Les soldes intermédiaire de gestion
On constate déjà une forte régression du chiffre d'affaires due à la chute de la consommation. 2-1-1- Analyse de la valeur ajoutée De 90 à 95, la valeur ajoutée ne cesse de régresser très fortement. Les activités ne procurent pas assez de fonds. On va analyser quelques ratios.
La rémunération du personnel augment. On peut noter que la VA n'est plus suffisante pour rémunérer le personnel lorsque le ratio est supérieur à 100 %. La part de l'état augmente elle aussi alors que l'entreprise connaît des difficultés depuis 1993. L'entreprise recourt de plus en plus aux services extérieurs. La VA n'est plus suffisante pour l'autofinancement. La part de l'autofinancement devient négatif à partir de 1992. 2-1-2- L'analyse de l'EBE L'EBE ne procure plus de fonds à partir de 1991. Nous pouvons analyser quelques ratios.
Il y a une forte dégradation de la rentabilité économique. C'est un signe de défaillance. Les charges financières sont trop importantes par rapport aux fonds dégagés par l'EBE. 2-1-3- Analyse du résultat d'exploitation A partir de 91, le résultat d'exploitation ne permet plus de dégager des ressources financières. On va analyser différents ratios pour savoir si les résultat d'exploitation forme la principale composante du résultat net.
En 92, 94, et 95, les pertes proviennent du résultat d'exploitation. En 93, la perte provient du résultat exceptionnel principalement. En 90, la perte provient du résultat financier. 2-1-4 - Analyse de la CAF
La dégradation de la CAF est évidente. A partir de 1993, l'entreprise n'est plus capable de rembourser ses dettes. 2-2- Autres ratios
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