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CHAPITRE 2 LA GESTION DES RISQUES Toute activité dans l'entreprise est basée sur des choix d'activités, donc sur des décisions comportant plus ou moins de risques d'une nature ou d'une autre (social, juridique, environnemental...).Toute entreprise ne peut donc fonctionner et s'épanouir sans prendre quotidiennement des risques, mais des risques calculés. La question lancinante à laquelle tout décideur est en permanence confronté n'est donc pas de supprimer les risques mais de savoir comment les gérer pour les rendre supportables à son l'entreprise. Le but de la gestion des risques est d'assurer la sécurité des personnes et des biens, de pérenniser les activités et de préserver les ressources et l'environnement. La gestion des risques peut être gérée à l'intérieur de l'entreprise, mais bien souvent, elle est confiée à des organismes externes et passe par le biais des assurances. Dans ce chapitre, nous étudierons, la gestion du risque client, la couverture de l'entreprise et la gestion du risque de change.
SECTION 1 - LA GESTION DU RISQUE CLIENT Selon l'INSEE, 21% des défaillances d'entreprises, résultent de la défaillance d'un ou plusieurs clients, c'est à dire, les impayés. Dès lors, connaître la santé financière de ses partenaires relève de la prudence la plus élémentaire. Et ce qu'il s'agisse de clients, de prospects, de fournisseurs ou d'entreprises dont on souhaite éventuellement se rapprocher. Pour cela, les entreprises peuvent s'appuyer sur des nouveaux outils de gestion ou recourir aux assureurs crédit ou encore recourir aux sociétés d'affacturage.
1-1- Les nouveaux outils de gestion mis à la disposition des entreprises. Pour gérer au mieux leur risque client, les entreprises disposent désormais de toute une palette d'outils informatiques. Les systèmes de scoring leur permettent ainsi de sélectionner les clients les plus rentables, tandis que certains progiciels de gestion les aident à affirmer le suivi du risque global de l'entreprise. Il est possible de distinguer 3 phases : l'évaluation des prospects, le suivi des comptes clients actifs, et enfin le pilotage global du risque client.
1-1-1- l'évaluation des prospects Avant de commencer à travailler sur un projet, de mobiliser de l'énergie sur la construction de devis ou de propositions commerciales, l'entreprise doit vérifier la solvabilité du futur client. Les techniques et outils disponibles à cette étape sont bien souvent issus de secteur bancaire. En effet, très tôt les banques ont appris à segmenter leurs clients afin de repérer les populations à risques et mis en place des systèmes de scoring pour noter de façon individuelle la qualité d'un prospect. Ces techniques de scoring s'appuient sur les bases de données et les outils statistiques. Les bases de données permettent en effet de comparer une entreprise aux autres et donc de déterminer un niveau de risque. La technique du scoring consiste à définir un certain nombre d'indicateurs, ensuite pondérés, qui permettent de créer des catégories. Chaque nouveau prospect est ainsi mis dans une catégorie, et son niveau de risque est comparé aux autres entreprises. Les principaux progiciels de statistiques du marché, parmi lesquels SAS ou SPSS, permettent de réaliser ces opérations. Pour alimenter en données ces outils, les bases fournies par des sociétés comme SCRL ou par les greffes des tribunaux de commerces sont utilisés. Certains prestataires regroupent ces outils sur une station de travail. Ainsi, Experian propose une station d'aide à la décision risque entreprise qui permet de stocker les éléments signalitiques de chaque client (dirigeants, comptes annuels, privilèges et procédures collectives), et de les analyser en calculant des scores, à l'aide de systèmes-experts, qui génèrent par exemple, des rapports d'analyse financière. Il existe aussi des services télématiques comme 3615 Vérif, infogreffe... qui permettent de vérifier la situation financière de ses partenaires.
1-1-2- Suivi des comptes clients actifs Il est nécessaire pour un responsable financier de garder un œil sur l'engagement global de l'entreprise vis à vis de ses partenaires. Grâce aux méthodes du secteur bancaire, le directeur financier peut disposer d'un récapitulatif des opérations en cours avec un même client. Ceci est possible par l'utilisation des progiciels de gestion comptable et financière. Ainsi, une véritable gestion des comptes de tiers proposera un tableau de pilotage du risque client qui regroupera les mouvements issus bien sûr du compte - client, mais y ajoutera les commandes livrées mais non encore facturées, les commandes en cours de réalisation et ne pouvant être arrêtées, déduira les avoirs en attentes d'émission, ajoutera les traites acceptées remises à l'escompte mais non encore arrivées à échéance, ainsi que les chèques en portefeuille. Le montant total du risque, de l'engagement de l'entreprise par rapport à chacun de ses clients, apparaîtra ici clairement et le responsable financier pourra agir individuellement auprès de chaque client, et transmettre à sa direction générale le synthèse du risque client.
1-1-3- Le pilotage global du risque client C'est la direction générale qui prendra en compte le risque global de l'entreprise. a ce niveau, des éléments macro-économiques peuvent intervenir comme le risque pays ou le risque concurrence. Pour cela, un outil tel que Risk dimension permet de couvrir tout le processus de gestion de l'informatique risque, y compris le reporting auprès de la direction générale. Néanmoins, cet outil n'est proposé aujourd'hui qu'aux grandes entreprises disposant d'une salle des marchés en interne. Les outils disponibles pour les PME - PMI relèvent de l'informatique décisionnel classique, et sont construits à partir de tableaux de bord générés par des outils tels que SAS, business Objects, Cognos, ou par des progiciels de reporting comme Hypéron. Une fois ces données synthétiques construites, elles doivent être diffusées dans l'entreprise, auprès des services commerciaux, marketing ou financiers.
Le dirigeant d'entreprise ne doit pas se contenter de garder un œil sur le chiffre d'affaire mais il doit impérativement mettre en place un pilotage par les risques.
1-2- le recours aux assureurs - crédit. Les entreprises, pour gérer le risque client, peuvent recourir aux assureurs - crédit. Néanmoins, les assureurs - crédit traversent des temps difficiles car les grandes entreprises ont tendance à s'autoassurer ou encore à préférer l'affacturage. C'est pourquoi, les assureurs - crédit réagissent avec vigueur, en diversifiant leurs portefeuilles clients, en jouant la proximité, mais aussi en élargissant leur offre en matière d'assurance crédit globale contre les pertes exceptionnelles. La première cible des assureurs - crédit sont les PME voir les TPE. Pour les séduire, ils tentent de répondre à leurs besoins spécifiques avec des produits "forfaitisés" et simplifiés, tant au niveau du calcul des primes que des procédures de gestion. Ainsi, Gipac (filiale de groupama) a lancé un contrat forfaitaire, rapide à mettre en place et simple à gérer, permettant aux PME de couvrir leurs transactions, tant en France qu'à l'exportation. Cette police, qui regroupe 3 fonctions (prévention, assurance - crédit et recouvrement), ne comporte pas de frais de sélection ou de surveillance. Les assureurs - crédit misent aussi sur le conseil (qui permet d'éviter les sinistres) ainsi que la proximité (par l'intermédiaire de courtiers indépendants, d'équipes commerciales propres ou de réseau associés). Pour mieux comprendre les caractéristiques des assureurs - crédits, nous allons étudier la gestion du risque client à la SFAC.
La SFAC (société française d'assurance crédit) Les bénéficiaires de cette assurance sont des entreprises réalisant un chiffre d'affaire assurable de 5 millions de francs. L'objet de l'assurance est le prise en charge des pertes subies par les assurés du fait de l'insolvabilité présumée (en dehors d'une procédure collective) ou déclarée (résultant d'un jugement d'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire) de leur client. Cette garantie est délivrée à l'occasion de vente de marchandises ou de prestation de services sur le marché français (y compris les DOM-TOM) assortie d'un délai de règlement à court terme (60 jours maximum en général). La durée est fixée contractuellement.
Avantages pour l'entreprise : - la SFAC analyse la situation financière d'un grand nombre d'entreprises. les assurés peuvent donc bénéficier d'une sélection et d'une surveillance de leur clientèle. - En cas d'impayés, l'assureur peut procéder au recouvrement des créances par voie amiable ou judiciaire. - En cas de pertes du fait de l'insolvabilité de leurs clients, l'assureur garantit à ses assurés un remboursement pouvant atteindre 75% du montant TTC des pertes dans le cadre des agréments délivrés par le SFAC. - L'indemnisation de l'assuré intervient au plus tard 9 mois après la demande d'intervention contentieuse (cas de l'insolvabilité présumée) ou 9 mois après le jugement déclaratif (cas d'insolvabilité déclarée).
Inconvénients pour l'entreprise : - L'entreprise doit soumettre ses clients à l'agrément préalable de l'assureur. - Elle doit verser une prime d'assurance fixée lors de l'étude du contrat. - Elle doit déclarer mensuellement le chiffre d'affaires assuré.
La prime d'assurance crédit est comprise entre 0,1 et 1% du chiffre d'affaires assuré, avec un minimum annuel fixé contractuellement. Le dépôt de garantie est restituable en fin de contrat. L'assurance du poste client améliore la sécurité du financement court terme.
1-3- Le recours aux sociétés d'affacturage En 1998, 18 000 entreprises ont eu recours à l'affacturage. Principe de l'affacturage: L'entreprise cède ses factures à une société d'affacturage, appelée factor, qui rend disponible les fonds correspondants au montant de celle-ci. Le factor devient propriétaire des créances et en assure le recouvrement. L'entreprise ne subie aucun préjudice en cas d'impayés. le factor retient des frais sur le montant des factures (commission, fonds de garantie). Bénéficiaires: Les entreprises de tous secteurs, à l'exclusion du bâtiment, réalisant un chiffre d'affaires minimum de 10 millions de francs, voire moins s'il s'agit d'une entreprise en développement. Objet: - Financement total ou partiel du poste client France / export ayant fait l'objet d'une facturation exigible (à l'exclusion de situation de travaux). - Gestion du poste client - Assurance - crédit Mode de règlement: Paiement sous 48h, par billet à ordre à 60 jours pour 80% minimum, le solde par chèque ou virement. L'affacturage auprès de la société française de factoring (SFF): Le montant est fonction du poste clients cédé. La taille moyenne de facture est de 10 000 F. La quotité de garantie est de 100% après accord sur un encours déterminé. Le fonds de garantie se situe entre 5 et 10% du plafond d'accordé, prélevé à hauteur de 10% sur les premières cessions. Ce fonds de garantie est restituable automatiquement en fin de contrat, sous réserve d'un taux de litige nul. La commission de gestion varie entre 0,75 et 2% du chiffre d'affaires TTC cédé (assurance - crédit et relance des clients). L'affacturage auprès de la SOFIREC: Le montant autorisé est fonction du poste client cédé. Il doit être supérieur à 5 000 000 francs par an et à 8 000 francs par facture. La quotité garantie est de 100% après accord d'une assurance crédit. Le fonds de garantie se situe entre 5 et 10% du plafond accordé, prélevé à hauteur de 10% sur les premières cessions. Ce fonds de garantie est restituable automatiquement en fin de contrat, sous réserve d'un taux de litige nul. La commission d'affacturage varie entre 0,8 et 2% du chiffre d'affaires cédé.
La gestion du risque client est primordial pour sécuriser le financement à court terme. Outre la surveillance de la santé financière de ses partenaires, le dirigeant doit aussi vérifier la répartition de son chiffre d'affaire. en effet, il doit éviter d'avoir une trop forte proportion de son chiffre d'affaires entre les mains d'un seul client. C'est notamment le cas pour les produits vendus en grandes et moyennes surfaces où le déréférencement peut être fatal à l'entreprise.
SECTION 2 - LA COUVERTURE DE L'ENTREPRISE Il existe de risques liés à l'exploitation de l'entreprise qui peuvent perturber les activités de l'entreprise voire sa pérennité, s'ils se réalisent. On s'intéressera dans cette section aux assurances proposées par Atlancoutage Bretagne, filiale du Crédit Mutuel de Bretagne, pour protéger les biens de l'entreprise, pour couvrir les dommages causés par l'entreprise, pour couvrir les pertes d'exploitation et pour assurer l'homme clé de l'entreprise.
2-1- Protection des biens de l'entreprise L'objectif des contrats d'assurance proposés est de protéger le patrimoine professionnel (bâtiments, matériels, machines, mobilier, marchandises, parc automobile....) contre tous risques pouvant mettre en péril son activité. Toutes les entreprises quels que soient leur taille et leur domaine d'activité peuvent être assurés.
Principaux contrats : - Assurance Multirisques Industriels : elle permet de garantir contre les risques d'incendie, tempête, dégâts des eaux, vols, attentat, vandalisme, catastrophes naturelles, l'ensemble des biens immobiliers et mobiliers. - Assurance Bris de Machines : elle permet de garantir certaines machines spécifiques ou indispensables à la production de l'entreprise contre le bris accidentel. Par exemple : matériels informatiques, machines offset .... - Assurance Dommages Ouvrages : elle permet de garantir la construction de nouveaux bâtiments. Cette assurance est obligatoire. - Assurance Flotte Automobile : elle permet de garantir la responsabilité civile et les dommages causés aux véhicules de l'entreprise. L'échéance de ces contrats est généralement annuelle, avec reconduction.
Avantages pour l'entreprise : - Etre conseillée par un spécialiste de l'assurance des risques industriels. - Etre assurée tout en maîtrisant son budget (appel d'offres réalisé pour son compte auprès de différentes compagnies d'assurances) - Etre tranquillisée au quotidien quant à son activité. - Se protéger tout en intégrant les cotisations dans ses frais généraux. L'inconvénient pour l'entreprise, c'est le coût car il évolue en fonction de la taille et l'activité. La couverture de l'outil industriel renforce la pérennité de l'entreprise.
2-2- Couverture des dommages causés par l'entreprise L'objectif est de protéger l'entreprise contre les dommages qu'elle pourrait causer à ses clients, à ses fournisseurs ou à des tiers. Tous types d'entreprises, quelles que soient leur forme juridique et leur taille peuvent s'assurer.
Assurances proposées : - Assurance Responsabilité Civile d'Exploitation : elle couvre les dommages corporels ou matériels subis par les tiers : dommages dus aux installations, aux sous-traitants, au personnel. Par exemple : la pollution, les accidents du travail dus à une faute inexcusable - Assurance Responsabilité Civile : elle garantit les frais de retrait des produits du marché après livraison. Par exemple les produits défectueux...
Avantages pour l'entreprise : - Etre tranquillisée au quotidien dans son activité. - Se protéger dans le cadre d'un audit complet sur la couverture globale de l'entreprise (biens, hommes, responsabilité civile, risques spécifiques). - Se protéger tout en déduisant les cotisations des frais généraux. - Faire rechercher les meilleures conditions du marché par un courtier . L'inconvénient pour l'entreprise reste le coût qui est de l'ordre de 0,20 à 0,60% du chiffre d'affaires. Néanmoins, le coût est modique par rapport aux indemnités que certaines entreprises ont versées lors de sinistres. Par exemple, suite au naufrage de l'amoco cadiz qui pollua gravement 200000 hectares de surface marine, le Standard Oil of Indiana a dû verser à l'état français 907 millions de francs et 208 millions pour les communes bretonnes.
2-3- la couverture des pertes d'exploitation L'objectif est de garantir le versement d'indemnités en cas d'arrêt total ou partiel d'activité, consécutif à un sinistre affectant l'entreprise. L'arrêt total ou partiel est constaté par un expert, au regard des éléments comptables de l'entreprise. L'indemnisation est forfaitaire ou variable selon le contrat. o Les artisans, commerçants, professions libérales et toute entreprise employant moins de 10 salariés, et dont l'activité se situe dans des locaux et non en extérieur peuvent bénéficier d'une perte d'exploitation forfaitaire. o toute entreprise, quel que soit son domaine d'activité peut bénéficier d'une perte d'exploitation classique.
Les assurances proposées : - Assurance perte d'exploitation Forfaitaire / elle garantit le versement d'une indemnité forfaitaire de 2000 f par jour pendant 100 jours calendaires maximum à compter de la survenance du sinistre dans les locaux de l'entreprise. - Assurance perte d'exploitation classique : elle garantit les charges fixes de l'entreprise pendant 12 mois minimum afin de permettre à cette dernière de redémarrer son activité dans les meilleurs délais, tout en conservant ses moyens humains et sa clientèle. Par exemple : prise en charge de la sous traitance. Les principaux sinistres assurés sont : incendie, tempête, dégâts des eaux, attentats, vandalisme, catastrophes naturelles. Avantages pour l'entreprise : - Constitue l'assurance vie de l'entreprise : en cas de sinistre important, elle permet bien souvent d'éviter le dépôt de bilan. - Déduction des cotisations assurance des frais généraux. - Coût modique du contrat perte d'exploitation forfaitaire. - Permet de régler les échéances les plus urgentes (salaires, loyers, prêts...) Inconvénients pour l'entreprise : - Nécessité de déclarer rapidement le sinistre (dans les 96 heures pour le contrat forfaitaire). - Franchise contractuelle de 2 jours pour l'indemnisation forfaitaire Le coût de la perte d'exploitation forfaitaire est de 530 f TTC par an. Pour l'autre contrat, c'est une prime calculée au cas par cas.
2-4- L'assurance homme clé Selon l'INSEE, 10% des défaillances seraient dues au décès ou à la maladie de l'animateur de l'entreprise. Toute entreprise dont la pérennité repose en grande partie sur une personne clé (dirigeant, responsable commercial ou technique...) peur souscrire une assurance homme clé. L'objectif de cette assurance est d'assurer la stabilité économique et financière de l'entreprise après le décès ou l'invalidité absolue et définitive d'un homme clé de cette entreprise par la garantie du versement d'un capital ou de l'indemnisation de la perte d'exploitation après la disparition de l'homme clé. Principe : L'entreprise personne physique ou morale, souscrit pour son propre bénéfice, un contrat qui assure l'homme clé (s'il y a plusieurs hommes clés, il faut faire souscrire un contrat par personne à assurer). En cas de réalisation du risque garanti (décès, invalidité absolue et définitive de l'assuré, incapacité temporaire de travail dans certains contrats), l'entreprise perçoit un capital dont le montant a été fixé au contrat, ou est indemnisé en fonction de la perte d'exploitation constatée. On distingue 2 types de contrat homme clé : - Contrat homme clé décès toutes causes : ce type de contrat couvre le risque décès et invalidité quelle qu'en soit la cause, et notamment à la suite de maladie. - Contrat homme clé accident : ce type de contrat limite le risque garanti aux seuls décès ou invalidité causés par un accident, c'est à dire la survenance d'un événement extérieur à la personne assurée. Avantages pour l'entreprise : - Déductibilité des primes pour les contrats prévoyant une indemnisation calculée sur la perte réelle d'exploitation. - Préserver la stabilité financière en cas de disparition de l'homme clé, afin de rassurer clients et fournisseurs, et donner le temps aux actionnaires ou aux dirigeants de prendre les décisions adéquates. Inconvénients pour de l'entreprise : - Examens médicaux de l'assuré si la garantie est étendue au décès toutes causes. - Si le contrat prévoit le versement d'un capital, les primes versées ne sont pas fiscalement déductibles. - Indemnité intégrée au bénéfice imposable de l'entreprise en cas de réalisation du risque. Conditions tarifaires : - Assurance homme clé accident :
Capital Prime annuelle 500000 550f TTC 1000000 1100 f TTC 1500000 1650 f TTC 2000000 2200 f TTC
- Assurance homme clé toutes causes : En fonction de l'âge de la personne
SECTION 3 - LA GESTION DU RISQUE DE CHANGE Il existe des risques liés à la variation des taux de change. Pour les entreprises en relations commerciales ou financières avec l'étranger la suppression des changes fixes a fait apparaître une incertitude sur le taux de change futur : on parle alors du risque de change. Il faut noter qu'avec la création de la zone EURO, ce risque de change va disparaître avec les pays appartenant à cette zone. Dans cette section, nous étudierons les définitions et les moyens de couverture internes et externes à l'entreprise.
3-1- Définitions Le change est l'opération de conversion par laquelle un agent économique d'un pays donné se procure la monnaie utilisée à l'étranger de la monnaie de son pays. Le taux de change est le nombre d'unités de monnaie étrangère qu'on peut obtenir pour une unité de monnaie nationale, à un moment donné : il s'agit d'une cotation au certain. La cotation à l'incertain (la plus utilisée) définit le nombre d'unités de monnaie nationale que l'on doit céder pour obtenir une unité de monnaie étrangère. Le risque de change est le risque d'une variation à la hausse ou à la baisse du cours de change. L'entreprise exportatrice est exposée à ce risque si la devise dans laquelle la facture sera payée, perd de sa valeur entre la signature du contrat et du règlement : l'entreprise a alors une position longue en devises. On peut aussi définir une position de change nette qui détermine l'exposition au risque de l'entreprise afin de mener les actions nécessaires. Position de change nette = [créances clients + commandes reçues - devises à livrer + financement en devises] - [dettes fournisseurs + commandes passées - devises à recevoir + placement en devises]
3-2- Les moyens de couverture internes à l'entreprise La solution la plus simple pour se couvrir du risque de change est d'obtenir une facturation en francs (65% des exportations françaises sont libellées en francs). Ce système élimine tout risque de change mais il est difficile de le faire accepter lors d'une négociation commerciale. Si la facturation doit se faire dans une devise étrangère, le recours à une monnaie tierce comme le dollar, permet de répartir les risques entre l'acheteur et le vendeur.
On peut agir sur le prix de vente pour gérer le risque de change. En effet, en cas de facturation dans la monnaie de l'acheteur, si le vendeur anticipe une dépréciation, le prix pourra être augmenté afin de bénéficier d'une marge de sécurité. La modification du délai de paiement permet aussi de se couvrir du risque de change. Dans une opération d'importation, si l'entreprise craint une appréciation de la devise, elle sera incitée à un paiement plus rapide.
Ces moyens internes de gestion du risque de change ne sont vraiment envisageables que dans les secteurs où la concurrence est limitée.
3-3- Les moyens de couverture externes à l'entreprise La vente à terme de devises (pour l'exportateur) ou un achat à terme (pour l'importateur) permettent de se couvrir contre le risque de change. Ces opérations ont pour principe de fixer le taux de change auquel les devises seront échangées à une échéance donnée. Elles se négocient sur des marchés de gré à gré (les 2 parties négocient entre elles et il n'y a pas de cotation officielle). Sur le marché à terme, le règlement n'intervient pas à la date de la fixation du cours, mais à une date plus éloignée. Le cours est déterminé au moment de la souscription du contrat de change à terme, auprès d'une banque, et il diffère du cours au comptant par un report (cours à terme supérieur au cours au comptant ) ou un déport (cours à terme inférieur au cours au comptant). Ces opérations sont plus adaptées à des opérations de court terme.
Le swap de devises est une opération par laquelle deux parties conviennent d'échanger des capitaux libellés dans deux devises différentes. Il s'agit d'une double opération de change simultanée conclue avec la même contrepartie, l'une étant faite au comptant dans un sens et l'autre à terme dans le sens opposé. L'ensemble de ces opérations s'effectue sur la base d'un cours unique fixé à l'origine. Ces opérations sont essentiellement réalisées par les grandes entreprises ou les banques.
L'avance en devises est un moyen d'obtenir un financement et de se couvrir contre une variation de change. A l'exportation par exemple, une entreprise peut ainsi emprunter la somme attendue jusqu'à la date de règlement prévue et compenser de cette façon la créance initiale par une dette en devises. Convertie en monnaie nationale, la somme empruntée pourra être utilisée au financement de l'exploitation; cette opération est particulièrement intéressante pour les emprunts en monnaie forte qui bénéficient souvent de taux d'intérêt plus faibles. Toutefois, l'avance en devises a une incidence sur le ratio d'endettement de l'entreprise.
La souscription d'une assurance peut être un moyen de gestion du risque de change. En France, la COFACE est un organisme public dont le but essentiel est de couvrir les pertes de change supportées par les entreprises sur des opérations d'exportation. Le cours garanti est souvent le cours au comptant à la date de remise de l'offre aux acheteurs étrangers ou à la date de la signature de la commande par le client.
Les options sur devises représentent un contrat de change à terme sans engagement. L'option permet de se garantir un cours minimal de vente de ses devises ou un cours maximal d'achat. L'option laisse aussi la possibilité de bénéficier d'une évolution favorable du marché : le détenteur de l'option peut ne pas exercer son droit, et donc céder, ou acquérir les devises au cours futur, si celui ci s'avère plus intéressant. En contrepartie de son droit, celui qui acquiert une option doit payer une prime encaissée par le vendeur : ce dernier accepte alors de se soumettre à la décision de l'acheteur. L'échange d'une devise contre une autre peut se faire, soit à échéance fixe (option européenne), soit pendant une période déterminée (option américaine). Ces options peuvent se négocier sur des marchés organisés ou sur des marchés de gré à gré. REMARQUE : Si une entreprise prend une décision de financement ou de placement, un risque apparaît dans la mesure où une variation du taux d'intérêt peut remettre en cause l'efficacité de son choix initial : il s'agit du risque de taux. Les conséquences étant souvent moins importantes que celles dues à une variation du change qui peut affecter des masses financières significatives, nous n'étudierons pas la couverture de ce risque. On peut noter que pour s'en prémunir, il existe des contrats que l'on peut souscrire sur le marché de gré à gré et sur le MATIF. La gestion des risques s'inscrit dans un cadre préventif destiné à éviter les défaillances dues à des événements accidentels. Il existe bien sûr d'autres assurances permettant de couvrir d'autres risques comme par exemple le redressement fiscal. Une bonne gestion des risques permet de rassurer les tiers quant à la pérennité de l'entreprise et notamment les banquiers.
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