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DEUXIEME PARTIE : ETUDE DE CAS PRATIQUES
TITRE 1 L'ENTREPRISE JACADI Dans ce titre, nous allons étudier le cas de l'entreprise Jacadi qui a connu une défaillance en 1996. Dans un premier chapitre, nous présenterons l'entreprise Jacadi, puis nous analyserons les bilans et les comptes de résultat de l'entreprise entre 1993 et 1997 , enfin, nous ferons la synthèse de ces deux éléments.
CHAPITRE 1 PRESENTATION DE L'ENTREPRISE JACADI
L'entreprise Jacadi a été créée le 10 mars 1978 par Patrick Hamelle. La principale activité du groupe Jacadi est le prêt à porter pour enfants et les articles annexes. Le marché de l'entreprise est international. La marque Jacadi est une marque internationale appartenant à la société Jacadi SA. Jusqu'en 1996, le capital social s'élève à 2 850000 francs. L'entreprise n'est pas cotée. Dans ce chapitre, nous présenterons l'entreprise avant 1995 puis après 1995.
SECTION 1- HISTORIQUE DE L'ENTREPRISE AVANT 1995 L'entreprise Jacadi repose sur le système de franchise, c'est à dire qu'il loue l'enseigne à des distributeurs qui doivent en contrepartie s'engager à vendre exclusivement la marque Jacadi.
1-1-Présentation de l'entreprise du franchiseur 1-1-1- Evolution de l'entreprise a) Historique - Mars 1978 : monsieur Patrick Hamelle quitte la société Daniel Hechter pour créer une entreprise de distribution de prêt à porter enfants en "fin de série". - Mars 1980 : le "réseau" dénombre près de 25 boutiques alors regroupées sous l'enseigne Jacadi. Les fins de série sont progressivement remplacées par des produits griffés Jacadi. L'accroissement du chiffre d'affaires et le rythme d'ouverture sous l'enseigne unique Jacadi augment régulièrement. - 1983 : la première boutique étrangère ouvre à Lausanne. - 1985 : création d'une ligne de chaussures pour enfants. Ouverture de la première franchise américaine. - 1988 : 250 magasins en France et 10 à l'étranger. - 1995 : 220 magasins en France et 198 à l'étranger dans 34 pays.
b) la structure juridique La structure juridique s'est adaptée à l'évolution commerciale et financière avec la fusion, en 1988, des entités juridiques HAPA, Centrale d'Achat, Kap, propriétaire de la marque Jacadi, ATAM, HARPA, STIDIA, sociétés holdings, en une seule société dénommée "Jacadi SA". Le capital de la société Jacadi SA, après avoir été acquis par le groupe britannique Storehouse en 1989, a été revendu en 1990 à monsieur Patrick Hamelle et à un pool bancaire. L'effectif du personnel était au 31/ 12/1995 de 235 personnes.
1-1-2- les activités de Jacadi SA La société Jacadi Sa a crée un "univers Jacadi" pour les enfants de 0 à 12 ans. Elle s'intéresse à tout ce qui a trait à l'enfance : - en fabriquant et distribuant par l'intermédiaire de son réseau de franchise, une collection complète de vêtements et articles de puériculture allant des meubles de poussettes, des peluches au linge de lit, composée de produits dits "basics" que l'on peut retrouver d'une saison à l'autre, et de deux collections par an ; - en concédant des licences de fabrication et de distributions dans les domaines de la chaussure, des cosmétiques, des papiers peints, des montures de lunettes et de la papeterie ; - en participant ou en organisant des manifestations sportives (le Jacadi Thophy), des actions humanitaires ou médicales (Telethon) et des manifestations culturelles.
1-1-3- Le marché Le marché en France Jacadi opère sur le marché du textile et de l'habillement qui distingue 6 grands modes de distribution : - Les grands magasins et les magasins populaires - Les chaînes spécialisées (dont Jacadi) - Les hypermarchés et les supermarchés - Les magasins indépendants - La vente par correspondance - les marchés, foire et autres circuits.
En 1992, ce marché représente globalement un chiffre d'affaires de 93 milliards de francs (source INSEE) dont 43 % sont réalisés par des chaînes spécialisées (source CTCOE). Le marché de l'enfant, hors puériculture et équipement, représente à lui seul 5,5 milliards (source CTCOE, 1992) Jacadi se positionne au premier rang par l'importance de son réseau :
o l'évolution du marché en France outre la baisse générale de la consommation, on constate un changement général dans l'attitude du consommateur dont le budget consacré à l'habillement régresse depuis plusieurs années. Cette évolution s'explique, d'une part, par la chute des volumes vendus et également la baisse du prix moyen des articles d'habillement, d'autre part, par des arbitrages nouveaux du consommateur en faveur des dépenses de logement, d'équipements et de loisirs. Néanmoins, dans ce budget habillement, la part consacrée à l'habillement des enfants et bébés demeure prépondérante, avec 62 % (source SESSI, 1992) Dans le prêt à porter enfant, on constate le développement du "comportement cadeau". - Le budget d'équipement naissance (hors textile) représente 6160 f par enfant (source SESSI, 1992). - Chaque nouveau-né reçoit en moyenne 37 cadeaux textiles, soit 50 % de sa garde robe (source SESSI, 1993).
1-2- présentation du réseau d'exploitation du franchiseur 1-2-1- Evolution du réseau d'exploitants Le tableau ci-après indique l'évolution du réseau des boutiques Jacadi au cours des dernières années.
Des licences ont été consenties pour les produits suivants : chaussures (filiale Aster), cosmétiques (laboratoire Selecta), papeterie (société Viquel), papiers peints (société Lutèce), et lunetterie (société Krys).
1-2-2- la communication sur le lieu de vente. La communication sur le lieu de vente s'appuie sur 3 éléments : l'architecture intérieure et les vitrines, les accessoires et publicité sur le lieu de vente, et les catalogues. Les vitrines et l'architecture intérieure font l'objet d'une grande attention. Au moment de l'implantation, un architecte de la marque étudie chaque magasin pour en faire un lieu accueillant, parfaitement identifiable à la marque Jacadi et optimal sur le plan intérieur. Trois catalogues sont édités chaque année. Deux présentent les collections automme-hiver et printemps-été. Le troisième décrit dans le détail la gamme puériculture.
SECTION 2 - L'ENTREPRISE JACADI APRES 1995 2-1- Le dépôt de bilan En 1995, le groupe Jacadi enregistre une perte de plus de 90 millions de francs. Les comptes de 95 présentent des irrégularités qui conduisent les commissaires aux comptes à refuser de certifier l'exercice et provoquent l'éviction du fondateur Patrick Hamelle. En septembre 1996, la chaîne d'habillement est placée sous administration judiciaire. En mai 1996, Christian Raillard remplace Patrick Hamelle à la direction de Jacadi SA. Le 4 octobre 1996, la société de vêtements pour enfants a fait une déclaration de cessation de paiements mais demande la poursuite de son activité, afin de mettre en place un plan de restructuration. Mais comment en est-on arrivé là ?
Plusieurs raisons expliquent la défaillance : - Evoluant dans un marché déprimé et très disputé, Jacadi doit surtout ses déconvenues à des querelles internes. Depuis le départ des deux autres associés fondateurs de la société en 1989, les conflits d'intérêt se seraient exacerbés, au point de nuire au fonctionnement de l'entreprise, et de provoquer des démissions. - La chaîne s'appuie sur un réseau de magasins (en franchise) considéré comme pléthorique. En 1994, Jacadi avait 450 magasins contre 324 points de vente chez Z et 245 sous l'enseigne Natalys. De plus, le réseau n'avait jamais rationalisé son réseau, alors que de nombreux magasins auraient dû être fermés. - Le positionnement de la marque a vieilli. Jacadi continuait de proposer des collections figées, qui ne justifiaient plus son niveau de prix. - On a assisté à un changement dans le comportement des consommateurs. Ceux ci recherche un bon rapport qualité-prix. Ils ne sont plus prêts à payer n'importe quel prix pour habiller leurs enfants. - Les banques ont affiché une position de retrait. - Enfin, Jacadi était très endetté et affichait par ailleurs un poste clients impayés de l'ordre de 240 millions de francs.
2-2- La procédure de redressement judiciaire La date de cessation des paiements est arrêtée au 15 septembre 1996. La société est mise en redressement judiciaire par voie de continuation. Le juge commissaire doit faire le tri parmi les repreneurs potentiels.
Quelques mesures du plan de restructuration : - Remise à plat des postes achats et frais de fonctionnement (le plus gros poste de charges après les achats de marchandises). - Nomination de nouveaux directeurs dans les services exports, juridique, process industriel, ainsi qu'au bureau de style, auparavant chapeauté par Kitty Hamelle, l'épouse du fondateur. - Fermeture d'une quarantaine de points de vente (en France, comme à l'étranger). - Gel de près de 300 millions de francs de créances.
2-3- La reprise Quatre repreneurs étaient intéressés par Jacadi :
- Roger Zannier, patron du groupe Zannier (marques de vêtements pour enfants Z, Absorba, Floriane, Confetti...). - Max. Azria, patron de la société Azria basée aux Etats-Unis (marque BCBG) - Bruno Lannes et Lucien Charles Noiret, les dirigeants des chaussures pour enfants Aster, soutenus par l'IDI et Astorg, sociétés de capital développement. - Armand Frydman, propriétaire de Gérard Pasquier et président de Futura France. Il est aussi l'actionnaire majoritaire dans les cafés Legal, il détient les droits de distribution pour la France des marques singer et Lux (ex-electrolux), et possède le catalogue Europe Epargne.
La direction de jacadi et les franchisés ne misaient pas sur le même repreneur. Les franchisés ont voté à 96,5 % en faveur du tandem lannes-Nicolet qui avait aussi les faveurs des créanciers fournisseurs et d'une majorité du personnel de Jacadi. Christian Raillard, quant à lui penchait pour la proposition d'Armand Frydman.
C'est Armand Frydman qui a été choisi par le tribunal de commerce de Nanterre pour reprendre Jacadi dans le cadre d'un plan de continuation. Le tribunal a estimé qu'il était le plus à même de garantir la créativité de la marque, de consolider le réseau dans l'hexagone comme à l'étranger, et enfin de faire jouer des synergies commerciales et industrielles.
Les autres candidats à la reprise ne proposaient pas des conditions acceptables. Max. Azria n'avait pas les garanties financières requises. En effet, le nouveau propriétaire devait injecter entre 50 et 100 millions de francs pour redresser Jacadi. Quant à Roger Zannier, il était trop controversé : - Les créanciers de Jacadi ont jugé inacceptables les conditions de remboursement qu'il avait proposé. - Les franchisés de Jacadi étaient farouchement opposés à sa candidature. En effet, son enseigne Z a été condamnée en 1996 par le conseil de la concurrence à payer une amende de 1,65 millions de francs pour ses pratiques abusives de franchiseur. De plus, les franchisés soupçonnaient Roger Zannier de vouloir faire de Jacadi une licence.
Monsieur Frydman, âgé de 75 ans, a repris la totalité du capital de la société. Il a injecté 89 millions de francs dans Jacadi. En dehors de son expérience avec les cafés Legal, monsieur Frydman n'a pas encore fait ses preuves à l'export, selon les franchisés. Il est qualifié de grand professionnel. En 1998, il était classé à la place n° 338 sur les 500 premières fortunes professionnelles françaises.
Les principaux actionnaires actuels de Jacadi SA sont les suivants :
Par cette répartition du capital, l'entreprise garde un caractère familial.
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